Avec ces mots, j’espère inséminer un esprit fécond qui conçoit l’humain comme une sorte de magicien-voyageur, en ce sens
1 : qu’il a la capacité d’effectuer des choses extraordinaires, inattendues y compris de lui-même,
2 : étant perpétuellement en processus, en mouvement, dans le temps et l’espace, il fait des allers-retours entre le corps et l’esprit, le vécu et le pensé.
La route vers l’émancipation n’est belle que parce qu’elle est non goudronnée,
sinueuse et semée d’espèces rares et variées de questions. Les rencontres se multiplient sans cesse, offrant de nouvelles questions, mais on veut pouvoir construire du solide sur ce sol constamment mouvant, d’où un désir d’autosuffisance et plus simplement de réalisation personnelle. On veut s’établir, poser quelques jalons qui ne soient pas que métaphysique. En sommes, on veut planter des graines qui donneront un jour de beaus arbres, tortueux et aux racines multicolores. Il me semble qu’il faille, au préalable passer par plusieurs acceptations :
- accepter ce qu’est un arbre. Un arbre, à l’image d’une forêt et de toute vie, lutte pour l’accès à l’eau et la lumière qui le feront prospérer dans toutes les directions. Il ne suit aucun schéma établi. Il pousse où les conditions sont favorables. Et son feuillage se déploie dans la limite de l’accès disponible à la photosyntèse. Par ailleurs, est-ce un individu unique, ou une communauté, une agglomération qui lui donne son apparence de dureté et de stabilité ? Enfin, tout aussi robuste qu’il soit, un arbre subit les contraintes de son milieu et peut se voir soit tronçonner en partie dans une ou des directions, soit purement et simplement arraché totalement.
- ne pas tarder à mettre en pratique ses intuitions, à passer de l’idée à l’action, car il n’y a jamais connaissance véritable que dans l’expérimentation de l’action. Si l’on souhaite qu’une idée prospère il faut soi en semer beaucoup avec insouciance, soi peu en terrain favorable. Ce n’est qu’une question de point de vue. Par exemple pour ma part je crois faire partie des semeurs à touts vents déployant mon feuillage dans la mécanique, l’écriture, le jardinage, le chant, le yoga, l’autoconstruction. Pourtant il y a bien des terrains sur lesquels je ne m’avance qu’à pas excessivement prudents. Seul l’épreuve du réel peut donner lieu à une information traitable et ainsi venir constituer une brique dans l’édifice de votre Connaissance, le corpus de ressources intellectuelles et physiologiques qui constitue l’être résilient et émancipé.
Se tatouer soi même, fabriquer ses propres produits d’entretien, se couper les cheveux, réparer son vélo, fabriquer un four en terre, faire du stop. Bref se démerder seultou. Quand on a accumulé ces expériences, est-ce que l’on vit forcément en ermite ou est-on encore capable d’avoir un intérêt dans les relations sociales? Plus que jamais à vrai dire mais effectivement, il est à noter que ce ne sera pas sans influence sur les types de relations sociales et aussi les types de personnes. Parce qu’il est impossible que l’on soit déjà parvenu à tout savoir faire tout seul pardi!
….Jérèm’
