Extrait du « Manifeste des œuvriers » co-réalisé par Rolland Gori et Bernard Lubat
« Un spectre hante le monde social: le désœuvrement.
Le chômeur en est la point extrême. Mais cela ne désigne pas seulement le sans-travail. Le phénomène gagne l’ensemble des sphères de la société. D’où cette aspiration:
retour à l’œuvre! L’œuvre est la pensée et l’acte qui enrichissent la connaissance. L’œuvre cultive la sensibilité, le regard nouveau, la compréhension de l’autre.
Elle est création dans tous les domaines.Elle renouvelle la pratique des métiers manuels et intellectuels, du geste le plus simple à l’exercice le plus savant.
L’œuvre bouleverse celui qui invente comme celui qui est l’interlocuteur. Elle développe, par le commun, l’humanité dans l’homme. Singulière, rétive à la routine,
irréductible à la soumission, invitant la communauté, elle-même, à faire œuvre, elle révolutionne les rapports sociaux. L’œuvre est, sans hiérarchie, industrieuse,
artisanale, artistique.
Un monde dés-œuvré est un monde dans avenir. »
