Balade en autonomies grecques, épisode 1

Je discute avec Lola, celle-ci me demande quels sont mes plans pour cet automne. Je lui communique mon envie de voyage, de décrocher, de déconnecter. Elle me raconte qu’elle aussi a plusieurs mois devant elle et aimerait bien partir à l’étranger pour quelques temps. Et pourquoi nous ne voyagerions pas ensemble? Où voudrais-tu aller ? Moi je pensais à l’Espagne ou à la Grèce et toi ? Et bien moi justement je ne suis jamais allé en Grèce et j’en ai toujours rêvé, ça te dirait ? Oui c’est parti allons-y !

Parfois les choix des voyages se font assez spontanément sans but ni direction précises. Nous partons donc pour la Grèce.

De mon côté, je ne suis pas pressé, je n’ai pas de limites de temps pour ce voyage. Je partirai donc seul dans les jours qui viennent. Je traverserai alors l’Italie pour rejoindre la Grèce.

Cela fait quelques années que j’ai l’habitude de voyager. Je crois pouvoir dire que je commence à être expérimenté en ce qui concerne les aventures en solitaire. Pourtant, ce coup-ci, quelques chose de différent m’amène à partir. J’ai envie que ce voyage soit différent des autres, qu’il m’apporte quelques chose. En effet, je suis comme beaucoup de jeunes de ma génération, le système dans lequel nous vivons ne me convient pas vraiment. Modèle de travail, de divertissement, relations sociales, autant de choses auxquelles je me sens parfois extrêmement inadapté. Je décide donc de me focaliser sur la visite d’éco-villages et de projets communautaires. Je vous l’accorde volontiers, le concept est vaste. J’ai envie que cette aventure m’amène à rencontrer des gens qui pensent différemment. Des gens qui luttent contre les principaux dogmes en place dans notre société. Je souhaite observer et apprendre auprès de ces personnes qui expérimentent ou remettent au goût du jour de nouveaux modèles de vivre ensemble. Des modèles parfois innovateurs, différents de ceux que nous connaissons.

Pour résumer, je suis intéressé par l’idée de visiter n’importe quel lieu en marge, qui promeut des valeurs au moins un peu différentes du système individualiste, néolibéral dans lequel nous vivons.

J’organise donc mon départ et prépare mon sac à dos, dans lequel j’y glisse tout mon matériel de camping. Il est important d’être le plus autonome et indépendant possible. Je ne prévois pas d’itinéraire et choisit d’improviser. En effet, il est important de se faire confiance, de suivre son intuition (sens qui se développe particulièrement en voyage) et les rencontres feront le reste.

Chapitre 1 : Italie, la confirmation.

Je pars en stop le 14 septembre 2019 de Lyon vers Turin, qui sera ma première étape. Il me faudra trois jours et deux nuits de bivouac dans des endroits plus ou moins étranges pour rejoindre ma destination. A cette occasion, je traverserai pour la première fois de ma vie les Alpes. Après une nuit dans une auberge de jeunesse et un passage éclair à Turin, je rejoindrai la ville de Naples et une nouvelle auberge où je resterai quatre jours.

De Naples, je rejoindrai un petit village, Olevano Sul Tusciano, proche de Battipaglia. Là-bas, se trouve la « casa Pachamama » où m’accueillera Carmen, la locatrice des lieux.

La situation est pour le moins que l’on puisse dire étrange. La « casa Pachamama » n’est pas un lieu communautaire, mais bien un lieu privé où vit Carmen. Il s’agit en réalité d’un endroit dans lequel des ami(e)s ont mis en place un « laboratorio » et organisent des évènements les week-end: jardinage synergique, transformations de produits, cérémonies spirituelles, soirées festives….

Malgré le fait que je débarque à l’improviste, la locatrice des lieux m’accueille avec un grand sourire, les bras grands ouverts. Pourtant, ces jours ci, aucun évènement n’est organisé à la « casa Pachamama ». Carmen travaille et n’est que très peu disponible. Peu importe, j’en profiterai pour visiter les alentours et me reposer dans cette petite vallée au climat subtropical. Après avoir dormi trois nuits sur le canapé de Carmen, Ismaël, un de ses amis, m’emmène à Battipaglia pour prendre le bus en direction de Bari.

Après avoir passé deux nuits dans une nouvelle auberge de jeunesse de Bari, j’embarquerai sur le Ferry en direction de la Grèce.

Traversée en Ferry de Bari vers Patras.
Couché de soleil sur la mer adriatique

Je suis content de quitter l’Italie. J’ai l’impression que mon voyage commence réellement maintenant. Ce passage m’a permis de conforter mes premières intentions et de renforcer l’objectif que je m’étais fixé. Le fait d’avoir fréquenté des auberges de jeunesse et le tourisme de masse m’ont confirmé que mon envie actuelle n’était pas là. Cet arrêt chez Carmen m’a également donné un avant-goût de ce que je pouvais rencontrer, l’envie d’en connaître davantage sur les éco-communautés grecques.

Confiant, j’embarque donc pour la Grèce en direction du sud du Péloponnèse afin de retrouver Sabine et Lonaïs, un couple que j’ai rencontré quelques semaines plus tôt à Toulouse. Le hasard a fait que leur projet éducatif itinérant « School WithOut Frontiers » se trouve sur ma route. C’est l’occasion de les rencontrer, de rejoindre le « flying carpet caravan school project » et d’expérimenter comment fonctionne leur projet.

La suite au prochain épisode!

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